mardi 2 juin 2015

Voyage au coeur de l'horreur

Il y a des livres qui marquent. Et quand j'utilise le verbe marquer, je veux vraiment dire atteindre l'âme. Profondément.
Je ne saurais dire pourquoi les récits écrits me touchent plus que les films ou les reportages vidéos. Peut être est-ce l'usage du je, peut être est-ce que je prends plus le temps de lire alors que les vidéos passent vite, peut être parce que je ne peux pas fermer les yeux sur ce que je ne veux pas voir...

Car Si c'est un homme est le récit autobiographique de Primo Levi, rescapé de l'holocauste.

Je voudrais garder toujours le souvenir de ce livre, son intensité, son histoire, son horreur.

C'est véritablement bouleversant de lire un tel témoignage.
Durant un an de captivité, Primo Levi se sera battu pour vivre, sans pourtant avoir nul espoir de sortir un jour vivant de cet enfer. Jour après jour, il se sera battu pour survivre, alors que la vie qu'on lui faisait vivre n'avait rien d'humain. A chaque instant, il aura enduré la faim, le froid, la souffrance et l'humiliation.

En lisant ce témoignage, je faisais une pause toutes les 10 pages. Le temps d'assimiler ce que je venais de parcourir et de me préparer à la suite. Le temps de réfléchir aussi...

Dans notre société encore si violente et si haineuse, quelles dispositions pouvons-nous prendre pour apporter la paix ?

jeudi 26 février 2015

Et vous, vous lisez quoi en ce moment ?

De mon côté, pour braver le froid, j'ai opté pour de la littérature nordique ! Accompagnée, bien entendu, par du classique ! 

mercredi 17 décembre 2014

Citation du jour

“La vie? Un rien l'amène, un rien l'anime, un rien la mine, un rien l'emmène.”
― Raymond Queneau

lundi 1 décembre 2014

Voyages intérieurs #2

Le voyage continue et cette fois nous partons loin puisque L'enfant au bout de la plage de Linda Olsson prend place en Nouvelle Zélande.

Comme dans un autre livre que j'avais adoré, Les chaussures italiennes, le personnage principal a quitté l'agitation de la ville au profit d'une vie isolée. Il s'agit ici d'une cinquantenaire divorcée qui n'a jamais vraiment réussi à créer de lien avec le monde extérieur. Fatiguée de son ex-mari et de sa vie de médecin, elle choisit donc de tout quitter pour vivre au bord d'une plage néo-zélandaise.
Malgré sa forte volonté de rester seule et loin de la civilisation, la rencontre inopinée avec un petit garçon battu vient tout bouleverser et remettre en question.

C'est avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité que l'auteur nous décrit le cheminement intellectuel de cette femme qui, peu à peu, se réconcilie avec sa propre histoire pour enfin réussir à s'ouvrir à "l'autre".

On y vit une belle réflexion sur ce qui mène certains à vouloir tout quitter d'un jour à l'autre. L'auteur nous montre bien aussi comment le passé resurgit toujours, et que vouloir le fuir est illusoire. C'est fin, doux, fluide... mais pas léger, au contraire.

Seule ombre au tableau, quelques épisodes sont peu tirés par les cheveux, ce qui m'a empêchée de me projeter tout à fait avec l’héroïne. Mais sinon c'est un livre que je recommande à tous ceux qui souhaiteraient se replonger dans le rythme des vacances et quitter un peu le temps pluvieux de l'hiver français ;)

lundi 14 juillet 2014

Aventures littéraires et voyages intérieurs

Ce n'est pas pour rien que j'ai nommé ce blog "aventures littéraires". Ce que l'on vit avec un livre peut être une expérience à part entière. On entre dans le quotidien de personnes totalement étrangères au départ, on se prend d'affection pour certaines d'entre elles, on en déteste d'autres. On vit avec elles des tranches de vie que l'on n'aurait pas pu vivre ailleurs. La fin est souvent un déchirement. Je parle des meilleurs livres bien sûr. Et dans ce registre, un de ceux que j'ai lus récemment vient directement se glisser en 2ème position de mon top des meilleurs livres de tous les temps : Belle du Seigneur, d'Albert Cohen.


Je me suis lancée dans cette aventure comme un défi. 1100 pages pour quelqu'un d'aussi impatient que moi... J'avais l'impression de me lancer dans un marathon en m'étant entraînée au 100m.
En plus, le ”début” (i.e. les 100 premières pages) ne fait rien pour aider et ressemble plutôt à une ligne de départ qui serait placée en pleine côte !
De grandes (très très grandes) descriptions, des pages entières retranscrivant le fil de pensées de l'héroïne, de l'action presque inexistante. Il faut s'accrocher.

Cependant il en fallait plus pour me décourager. Ce que j'aime le plus dans un livre, ce n'est pas tant l'histoire que la façon de la raconter. Et là, l'originalité du style m'intriguait, me surprenait, et me tenait définitivement en haleine. 

Petit à petit, j'ai pris le rythme du livre. Je me suis laissée bercer par les longues réflexions d'Ariane dans son bain et j'ai pris goût aux longues complaintes torturées de Solal (par ailleurs très instructives sur la psychologie masculine). Tout est si minutieusement décrit que, mieux que l'impression d'être avec eux, on a l'impression d'être eux. C'est franchement déroutant mais tellement incroyable en même temps.

Albert Cohen manie les mots si bien que j'avais parfois l'impression d'écouter de la musique. Tout est si bien accordé, si bien orchestré. Impossible de ne pas se laisser séduire.

J'avoue tout de même quelques moments de faiblesses lorsque certains soirs, fatiguée, j'ai sauté les pages de passages plus difficiles... Il faut dire qu'Albert Cohen ne nous ménage pas et nous entraîne parfois dans les tréfonds du mal-être du personnage principal. 

Quoiqu'il en soit, ce livre m'a touchée. Plus que cela, même. Il m'a fascinée. Je garde en mémoire des moments où l'émotion était si palpable que je ne pouvais plus avancer. Je relisais et relisais encore des paragraphes et je me disais : mais comment est-ce possible d'être assez génial pour écrire des choses pareilles ??

Bref.
Il y eût un avant. Et il y eût un après.

Dois-je encore vous convaincre de vous lancer dans l'aventure ?

PS : Pour en savoir plus sur le livre, l'histoire et l'auteur --> je vous laisse voir ça avec wikipédia !
PPS : Non je n'ai pas mis 6 mois à lire ce bouquin, je n'ai juste plus d'ordinateur pour écrire...

lundi 28 avril 2014

Trouvaille du jour !

Pour que vous n'ayez plus jamais d'excuse lorsque je vous demanderai si vous avez lu les Fleurs Bleues : réjouissez-vous, le PDF is online !!

http://www.yellobook.cm/admin/uploads/Les_Fleurs_Bleues_-_Raymond_Queneau.pdf

C'est gratos pour tout le monde, alors pourquoi s'en priver ?

A bientôt pour de nouvelles aventures ! (Je prépare un billet doublement chouette sur Belle du Seigneur + L'enfant au bout de la plage. Stay tuned !)


lundi 10 mars 2014

Les 500 livres

Je suis actuellement plongée dans Belle du Seigneur. Je me délecte de chaque mot, même s'ils sont nombreux : 1 100 pages, ça ne se lit pas en un soir (surtout pour la rêveuse que je suis). J'espère finir cette semaine ou la prochaine !

En attendant de vous faire un commentaire digne de ce nom, voici, pour ceux que ça intéresse, une liste de 500 livres qu'il-faut-avoir-lus-dans-sa-vie (merci à Delphine). Il s'agit d'une liste basée sur le vote d'internautes. Il y a donc de tout (et un peu de n'importe quoi). D'ailleurs le site d'où est tirée la liste admet que certains biais n'ont pas pu être évités, comme le vote multiple par des "petits malins" pour se faire de la publicité...

Dommage que je n'aie pas eu vent de cette enquête à l'époque, j'aurais voté en masse pour Queneau et Maupassant !

Pour le reste, cela donne une bonne idée du niveau de sa culture en matière de classiques. Et puis cela donne envie d'en lire pour augmenter son score.
J'en suis à 57, autant dire qu'il me reste encore pas mal de chemin à parcourir !

Et vous ?

(source : http://500-livres.com/index.html)

lundi 3 février 2014

Demain j'arrête... ou pas !


J'avais dit que je n'écrirais que pour les livres que j'aimais vraiment. Mais parfois, parler d'un bouquin qui nous a déçu, ça fait du bien aussi. Dommage pour M. Legardinier car c'est Demain j'arrête ! qui passe à la moulinette !


Pour commencer, le style "journal de Bridget Jones", ce n'est vraiment pas mon genre de littérature. Bon, passons, c'est un choix et au fond, Bridget, je l'aime bien. Au bout de quelques pages, je me laisse donc prendre au jeu, je m'y fais. C'est vrai que c'est plutôt marrant, au début...

Malheureusement, progressivement le livre sombre dans l'improbable, à la limite de la science fiction, avec une sorte d'héroïne agaçante a qui il arrive des choses / fait des choses qui n'ont absolument aucun sens. J'ai dû sauter des pages pour avancer. L'humour devient lourd, l'histoire perd toute sa crédibilité et la fraîcheur avec laquelle il commençait.

De même, l'histoire d'amour, touchante au départ, devient complètement mielleuse au point que même-moi, qui suis pourtant très fleur bleue (petit jeu de mot au passage), j'en ai eu vite assez. Tout est prévisible et en même temps il ne se passe absolument rien. On passe son temps à espérer un rebondissement. Rien.

Voilà pour mon petit avis. Si vous l'avez également lu, n'hésitez pas à me répondre, surtout si vous n'êtes pas d'accord. Le livre est un tel succès, j'imagine qu'il a de nombreux inconditionnels !

***

Sinon, rien à voir, mais pour ceux que ça intéresse je suis sur Goodreads !

dimanche 19 janvier 2014

Citation du jour

"Gilles comprit alors que chaque roman qu'il lirait l'aiderait à comprendre la vie, lui-même, les siens, les autres, le monde, le passé et le présent (...) et chaque évènement de sa vie lui permettrait de la même manière d'éclairer chacune de ses lectures."

En vieillissant les hommes pleurent, de Jean-Luc Seigle.

samedi 11 janvier 2014

Les joies de la lecture

La connaissance des mots, l'expression écrite et orale, l'orthographe... Rien n'est plus indispensable à mes yeux, pour être heureux, que de savoir bien s'exprimer : c'est à dire littéralement faire sortir de soi les émotions qui naissent en nous.
Je pourrais disserter des heures sur ce sujet, mais un simple livre vous en fera la démonstration : La tête en friche de Marie-Sabine Roger.



Depuis que j'ai décidé de n'écrire sur ce blog que pour les livres que j'aime vraiment, je suis entrée dans une phase de désert littéraire. J'ai eu beaucoup de mal à retrouver un coup de cœur, comme j'en avais eus pour Rosa Candida ou Les chaussures italiennes.
Heureusement La tête en friche me redonne de l'élan et l'envie de partager ce petit bijou.

Il s'agit d'un livre très simple, très accessible. Heureusement d'ailleurs, puisque son histoire tourne autour de l'accessibilité de la littérature !
Il s'agit de la rencontre improbable entre une sorte de brute épaisse illettrée, Germain, et une petite vieille puits de savoir. Et comme le hasard fait bien les choses, ces deux-là s'adoptent mutuellement et s'enrichissent de leurs différences (c'est beau !).
C'est beau, mais c'est pas gnangnan non plus. C'est savamment dosé entre la rugosité de l'un et la douceur de l'autre.

Ce qui m'a touchée, en plus, c'est le rôle primordial que joue cette personne âgée, seule au monde et presque aveugle, mais qui est encore pleine de vie et d'envies. Grâce à cela, elle apporte à Germain tout ce dont il a besoin pour être heureux. Ça donne une leçon, je trouve, sur la façon dont on peut contribuer à rendre le monde meilleur, sans avoir forcément à faire beaucoup.

Bref, un livre parfait donc pour un week-end paisible d'hiver !


lundi 18 mars 2013

Un peu de piment !!

Délaissons la douceur et les parterres de fleurs et partons à l'aventure avec Maudit karma de David Safier (écrivain allemand).

Drôle, loufoque, déjanté, inattendu... Maudit karma nous emmène bien loin des lieux communs. C'est l'histoire d'une ex star de talkshow qui meurt au sommet de sa gloire et découvre à ses dépens les dures lois de la réincarnation. Comment retrouver sa place de mère et d'épouse lorsque l'on est une fourmi, un cochon d'inde ou un chat ?
Heureusement, la protagoniste a plus d'un tour dans son sac et on s'amuse, vraiment, à suivre ses incroyables aventures.

Bien sûr, ce n'est pas pour ainsi dire un chef d'oeuvre de la littérature. Cependant, c'est tellement improbable comme histoire, que ça ne peut que plaire. Maudit Karma séduit par un humour piquant et une intrigue bien menée. J'avais tellement envie de connaitre la fin que j'ai littéralement dévoré ce livre. 

En bref, voici un ouvrage à recommander à tous ceux qui souhaitent muscler leurs zygomatiques sans se prendre la tête. 

dimanche 3 mars 2013

La thérapie par les livres

On a tous nos réflexes en cas de coup de mou. Pour moi, rien ne vaut un petit détour dans une librairie.
Il y a une semaine, il m'a suffit de deux minutes pour trouver le meilleur remède : Rosa Candida d'Audur Ava Ólafsdóttir, auteur islandaise.

"J'ai besoin d'un livre distrayant, facile à lire et positif" ai-je dit au libraire. Il n'a pas hésité une seconde avant de me proposer cet ouvrage. Je dois dire qu'il a surpassé, de loin, mes attentes.

Pourtant, difficile de prendre la suite des chaussures italiennes, dont je m'étais franchement enthousiasmée. Mais Rosa Candida charme par sa fraicheur et sa délicatesse. On s'attache avec plaisir au personnage principal, un jeune papa "accidentel" de 22 ans, passionné par le jardinage en général et les roses en particulier. Et ce n'est pas l'existence de cette petite fille, "incarnation de sa négligence en matière de contraception", ni de sa mère qu'il n'a pas connu plus qu'un "quart de nuit", qui le retiennent d'accomplir son rêve : remettre en l'état le jardin d'un monastère isolé, situé à plusieurs jours de voyage.
Mais, s'il quitte le pays, Arnljotur n'oublie cependant pas ses responsabilités. La vie lui apprendra à être père, à devenir adulte et, aussi, à aimer...

Tout en subtilité, l'auteur dépeint la grande confusion que peut ressentir un jeune homme peu ordinaire, dans une situation aussi peu ordinaire. Le titre nous avertit : Rosa Candida est empreint d'une certaine candeur. Donc ne lisez pas ce livre si vous êtes en quête d'action. Mais régalez-vous si, comme moi, vous avez besoin de légèreté, de vous évader et de sourire.

mardi 26 février 2013

Ces "héros" qui nous dérangent...

Ces derniers temps, j'ai lu deux livres très différents mais qui se rejoignent sur un point : je me suis rarement aussi peu identifiée à leurs personnages principaux. 

De prime abord, rien ne semble rapprocher ces deux ouvrages. L'un, autobiographique, relate la captivité mouvementée d'une bien célèbre femme politique de Colombie. L'autre, un roman suédois, nous raconte une aventure qui se situe davantage dans le coeur des personnages que dans leurs agissements.

*** Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt : la déception ***

Je crois que c'était la première fois que je me laissais tenter par un récit autobiographique... Et ça ne m'a pas plu. Du tout. Je pensais que ma curiosité de connaitre des faits réels prendrait le pas sur la qualité de l'ouvrage en lui-même. Car ce que j'attends d'un livre est de m'évader et, surtout, d'avoir le plaisir de savourer chaque mot, choisi par l'auteur comme un compositeur choisi chaque note.

Mais lorsque l'histoire traite d'un enlèvement pendant 7 ans par les FARC de Colombie, le voyage est d'emblée compromis. Dans ce type d'histoire, il est impossible de se projeter avec l'héroïne dans son aventure. L'imaginaire n'y a pas sa place. Essayer de se figurer soi-même au milieu de la jungle hostile de Colombie, ce serait presque trahir l'auteur et l'horreur qu'il a pu vivre.

Ce livre m'a donc procuré plus de frustration que de plaisir. Frustration accentuée par le fait que l'auteur n'étant pas écrivain, son style n'est pas des plus agréables.


*** Les chaussures italiennes, Henning Mankell : la révélation ***

Après une lecture tumultueuse, rien ne vaut un roman plein de douceur pour retrouver le bonheur de lire. Et pourtant, j'ai également eu au départ des difficultés à me projeter dans l'univers du héros. Comment avoir de l'affection pour un homme qui vit sur une île entourée de glace sur laquelle il s'est reclus pour fuir des responsabilités qu'il ne voulait pas assumer ?

Mais la plume de l'auteur est d'une finesse incroyable. Et j'ai rapidement été comme envoûtée par cette histoire qui ne ressemble à aucune autre... un passé qui nous rattrape, des sentiments enfouis qui resurgissent, des langues qui se délient et des yeux qui s'ouvrent... Les chaussures italiennes fait partie de ces romans qui vous touchent à l'intérieur et vous laissent une trace. Pour reprendre la comparaison avec le compositeur qui choisit chaque note, je dirais qu'Henning Mankell est un virtuose des mots. Comme si chacun d'eux était pesé et placé minutieusement là où il doit être, pour former, à la fin, une harmonie parfaite.

Je recommande donc chaudement Les chaussures italiennes, à tous ceux qui, comme moi, entendent des musiques lorsqu'ils lisent des livres !

lundi 10 décembre 2012

Les Derniers Jours de Stefan Zweig !

Cela faisait un moment que les affiches de cette pièce me narguaient dans le métro et j'avais vraiment envie de la voir. Ce que j'ai fait vendredi soir dernier !
Pour information, Les derniers jours de Stefan Zweig est adapté d'un roman de Laurent Seksik et se joue actuellement au Théâtre Antoine avec Patrick Timsit.

Je voulais voir cette pièce parce que je garde un très bon souvenir de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, une nouvelle écrite par Zweig.
J'avais été très étonnée que cette histoire soit racontée par un homme et que celui-ci la retranscrive si fidèlement, avec autant de sensibilité et de délicatesse.
J'avais donc été séduite, intriguée, puis j'avais un peu oublié cet auteur jusqu'à ce que cette pièce de théâtre me le rappelle à ma mémoire.

Le moins que l'on puisse dire est que j'ai été surprise de la vision très sombre de la vie et du pessimisme de Zweig que la pièce nous relate. Dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, l'histoire n'est pas des plus heureuses mais le narrateur garde un style léger et s'attache à nous faire comprendre certains agissements plutôt que de juger. Il s'agit donc pour moi d'un ouvrage plutôt positif, surtout dans le contexte de l'époque (début du XXe siècle) où "l'honneur" de la femme était très important. Mais l'ouvrage a été écrit en 1922 donc bien avant que le nazisme vienne bouleverser la vie de l'écrivain.

Dans Les derniers jours de Stefan Zweig, au contraire, Zweig est un homme à bout de souffle, abattu et désorienté. Traumatisé par l'arrivée d'Hitler au pouvoir, étant lui-même juif autrichien, il s'exile dès 1934 en Grande-Bretagne puis part aux Etats-Unis et finalement s'installe au Brésil 1941. C'est donc d'une personne en fuite et ayant perdu toute foi en l'espèce humaine dont la pièce nous parle.
Une pièce très belle et intéressante donc, qui nous permet à la fois de mieux connaitre Zweig et de nous introduire dans le quotidien des exilés de la Seconde Guerre mondiale. Patrick Timsit est très convaincant. J'ai moins aimé Elsa Zylbestein, qui joue sa femme, mais c'est un point de vue personnel.
A voir, sauf si vous avez des tendances suicidaires.

Petit bonus du jour si vous vous ennuyez au bureau ou chez vous : vous pouvez lire l'e-book de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.


mardi 4 décembre 2012

Comme un ouragan...

Non ce n'est pas de la chanson de Stéphanie de Monaco dont je vais vous parler aujourd'hui, mais bien d'un livre : Ouragan de Laurent Gaudé.
Bon, autant vous prévenir, il s'agit d'un récit très sombre, apocalyptique même, décrivant l'arrivée d'un ouragan sur la Nouvelle-Orléans (une histoire pas complètement fictive, donc). J'aimerais vous donner envie de le lire, mais je crains de ne pas y arriver. En effet, ce n'est pas du tout un style auquel je suis habituée et j'ai du m'accrocher. Non pas à cause de la plume de l'écrivain, qui elle, est sublime, mais plutôt à cause du réalisme du tableau dépeint.

Il s'agit d'un petit livre (188 pages) constitué de douze chapitres. Ces chapitres retracent douze étapes de l'ouragan (depuis son "odeur lointaine" jusqu'à la description du chaos laissé derrière lui), et nous introduit au cœur de la vie de ceux qui n'ont pas pu fuir : une vieille femme noire au sale caractère, une jeune mère célibataire un peu paumée, son premier amour qui revient, des prisonniers évadés, et un curé "légèrement" schizophrène .. Chacun vit l'arrivée de cet ouragan à sa manière. Que ce soit une occasion d'amour ou de haine, de solidarité ou de crime, l’évènement affecte chacun des survivants jusqu'au plus profond de lui-même. C'est beau, c'est saisissant, c'est troublant de réalisme... Trop pour moi. Mais comme je n'ai trouvé que des critiques élogieuses sur cet ouvrage, il serait certainement mieux de vous laisser juger par vous-mêmes !

*** Extrait de la quatrième de couverture ***

"A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : 

que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?" 



Voilà, je vous laisse sur cette question qui peut-être vous intriguera assez pour aller acheter le livre !



jeudi 29 novembre 2012

To do list

Voici quelques titres pour vous donner des idées (et pour que vous puissiez m'en donner également)


*** Livres déjà lus sur lesquels j'écrirai sûrement bientôt un petit quelque chose ***

La délicatesse - David Foenkinos

Le mec de la tombe d'à côté - Katarina Mazetti

L'insoutenable légèreté de l'être - Milan Kundera

Les yeux jaunes des crocodiles + La valse lente des tortues + les écureuils de Central Park sont tristes le lundi - Katherine Pancol

Un barrage contre le Pacifique - Marguerite Duras

Le soleil des Scorta - Laurent Gaudé

Un roi sans divertissement + Le hussard sur le toit - Jean Giono

Rebecca - Daphne du Maurier

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme - Stefan Zweig (fait : ici)



*** Livres à lire ***

Ouragan - Laurent Gaudé (fait : ici)

Même le silence a une fin - Ingrid Bettancourt (fait : ici)

La pitié dangereuse - Stephan Zweig

L’hygiène de l'assassin - Amélie Nothomb

Contes de Noël - Charles Dickens


Et vous, quelles sont vos livres préférés ?

samedi 24 novembre 2012

L'art de l'écriture

A chaque fois que je lis un livre, je ne peux m'empêcher d'imaginer l'auteur pendant la réalisation de son oeuvre. Comment lui est venue l'inspiration ? D'où sortent ses personnages ? Comment fait-il pour se projeter dans une autre époque, ou un autre lieu ?

De toute évidence, il faut un talent particulier pour tenir une intrigue.

En lisant Le jardin des secrets de Kate Morton, j'ai été particulièrement fascinée par le déroulé de l'histoire. En effet, chaque chapitre se passe à une époque différente. Le premier se passe en 1913, le deuxième en 1930, le troisième en 2005 etc. Cela porte assez à confusion au départ : on n'arrive pas à faire les liens entre les divers personnages et on a l'impression d'avoir une vision très partielle de chaque récit, ce qui est assez frustrant.
Mais là où l'auteur est absolument géniale, c'est qu'il ne s'agit en fait que d'une seule histoire, qui se déroule sur plus d'un siècle. Et l'auteur, au fil des chapitres, nous donne à chaque fois un morceau du puzzle, jusqu'à sa reconstitution totale.

C'est une manière très originale d'aborder la narration qui m'a séduite. Les faits sont pourtant assez complexes (en 1913 une enfant de 4 ans est abandonnée sur un bateau en partance pour l’Australie et en 2005 sa petite fille essaie de retrouver les origines de sa grand-mère). C'était donc un pari risqué pour l'auteur.

Cependant, elle s'en sort avec brio, maniant parfaitement l'art de l'intrigue. On se laisse aisément prendre au jeu, glissant d'une époque à l'autre, à l'affût de chaque bribe d'information qu'elle nous délivre et avec une envie irrésistible de lire la suite... Pari réussi, donc, pour ce livre de presque 700 pages !




mardi 20 novembre 2012

Le best du best

Certains me connaissent sur la toile sous le pseudonyme de "Lamélie". Cela parait anodin comme ça, mais c'est pourtant une référence littéraire. La connaissez-vous ?

Attention, révélation !

Il s'agit d'un personnage de mon livre favori de tous les temps : Les fleurs bleues de Raymond Queneau. Je l'ai lu 5 ou 6 fois et il fut même un temps où je l'emportais partout avec moi, au même titre que mon portefeuille ou mon parapluie.

Lamélie y est un personnage un peu bêbête, ce n'est donc pas par identification à elle que j'ai choisi son prénom comme pseudonyme, mais plus pour la référence au livre dans son ensemble.

Tout le livre tourne autour de personnages loufoques : d'un côté le duc d'Auge, seigneur sanguinaire et très vulgaire, qui traverse les siècles en compagnie d'un cheval qui parle. Et d'un autre coté, Cidrolin, qui vit sur une péniche et passe sa vie à boire du jus de fenouil et à faire des siestes. Dès que l'un dort, c'est de la vie de l'autre dont il rêve. Et le livre passe ainsi de l'un à l'autre, sans forcément de grandes transitions.

Il faut aimer les choses absurdes pour apprécier ce livre. Un ami m'a dit un jour "lorsque j'ai lu Les fleurs bleues, je me suis demandé si Queneau était un imposteur ou un fou. J'ai conclu que c'était un génie."
Il est vrai que son style est déroutant. Fin connaisseur de la langue française, l'auteur prend pourtant beaucoup de libertés et passe d'un langage très désuet à des néologismes sortant tout droit de son imagination. Se souciant peu des conventions, il n'hésite pas à bousculer toutes les règles de l'orthographe et de la grammaire si cela lui chante. (Il nous avait d'ailleurs déjà fait le coup dans Zazie dans le métro et son fameux "doukipudonctan").

Mais tout cela se fait avec tant de dextérité que j'ai du mal à comprendre qu'on ne puisse pas être séduit. J'ai été, personnellement, pliée de rire à de nombreuses reprises, ce qui m'a valu d'ailleurs de nombreux regards obliques dans les transports ! Mais peu importe, ce livre est un bijou.

Petit extrait mettant en scène Lamélie :


A la terrasse du café, des couples pratiquaient le bouche à bouche,
et la salive dégoulinait le long de leurs mentons amoureux ;
parmi les plus acharnés à faire la ventouse se trouvaient Lamélie et un ératépiste,

Lamélie surtout, car l'ératépiste n'oubliait pas de regarder sa montre de temps en temps vu ses occupations professionnelles.

Lamélie fermait les yeux et se consacrait religieusement à la languistique.


(Pour information, un ératépiste n'est autre qu'un agent... de la RATP !!)

Ça donne envie d'en lire plus, non ?

samedi 17 novembre 2012

Le métro : haut lieu de la littérature !

Ceux qui me connaissent savent que j'ai un faible pour le métro et son Histoire... Il fallait bien que je trouve un moyen d'en faire un billet ! C'est chose faite.

Le lien avec la littérature ? Eh bien, il y en a beaucoup ! Je vais vous en citer quelques exemples glanés ça et là dans mes lectures et ma culture perso (listes non exhaustives).

*** Exemples d'ouvrages traitant de manière plus ou moins approfondie du métro ***

1) Zazie dans le métro de Raymond Queneau
C'est la référence la plus évidente à mon sens. Le titre de cet ouvrage est même écrit sur le mur du couloir reliant les deux parties de la station Montparnasse-Bienvenüe. C'est l'histoire d'une jeune fille qui découvre Paris et ne rêve que d'une chose : aller dans le métro. 
Je ne vous en dis pas plus car Queneau, c'est un auteur qui se lit mais ne se raconte pas ! (J'ai un amour inconditionnel pour cet auteur, j'aurai l'occasion d'en reparler lors d'un prochain billet).

2) Métronome de Lorànt Deutsch
Autre référence incontournable dans le domaine, même s'il ne s'agit pas là d'un roman mais d'un ouvrage regroupant les anecdotes liées à l'Histoire du métro. 


3) Je vous emmène au bout de la ligneTribulations d’un conducteur de métro par Rodolphe Macia 

Témoignage d'un conducteur de la ligne 2. Dans cet ouvrage, Rodolphe Macia nous livre les secrets d'une vie passée le long des tunnels de métro et toutes les sortes de situations peu ordinaires qu'il a pu vivre. J'avoue je ne l'ai pas lu. D'ailleurs, si quelqu'un veut me le prêter je suis preneuse !


*** Exemples de stations de métro ayant un nom d'écrivain ***

1) Raymond Queneau
Eh oui, encore lui. En fait la station s'appelle Bobigny - Pantin - Raymond Queneau et c'est une station de métro de la ligne 5, en limite des communes de Pantin et de Bobigny.

2) Diderot
Celui à qui nous devons la fameuse encyclopédie a sa station, la station Reuilly-Diderot, au croisement de la ligne 1 et la ligne 8, dans le 12ème arrondissement. 

3) Emile Zola
Cet écrivain, qui a d'ailleurs beaucoup écrit sur Paris et qui aurait certainement parlé du métro s'il avait eu le temps de mieux le connaître, a sa station, nommée "avenue Emile Zola" sur la ligne 10, dans le 15ème. 

4) Alexandre Dumas
J'avoue n'avoir jamais lu aucun de ses livres. Promis, je m'y mets dès que j'ai fini les quelques dizaines de livres que j'ai déjà en attente !! Sa station est sur la ligne 2, entre le 11ème et le 20ème arrondissement.

Bon, je vous parle de ceux que je connais le mieux. Il faudrait aussi ajouter Anatole France, Voltaire, Ségur, et certainement encore beaucoup d'autres illustres inconnus (j'avoue ne pas avoir eu la force de passer en revue les 301 stations du métro parisien !!)

*** Quelques chiffres et anecdotes *** 

--> 80% des usagers du métro parisien déclarent lire durant leurs trajets sur les lignes de la RATP (source : www.ratp.fr). Bon ok, on ne sait pas ce qu'ils lisent ni à quelle fréquence. Peut être que la plupart y lisent closer une fois par an, mais bon.

--> La station Saint-Germain-des-Prés (ligne 4) accueille chaque année une exposition de livres de poésie ainsi que des projections de courts poèmes sur la voûte.

--> Des poèmes sont affichés dans certaines rames, en partenariat avec Gallimard.




Bref, métro et art font bon ménage. D'ailleurs, il ne se contente pas de la littérature. D'une station à l'autre, le métro peut parfois être salle de concert ou musée, parfois théâtre de nouvelles créations ou mémorial d'un temps passé... Le métro est une source inépuisable d'inspiration.
Il est bon de s'en rappeler de temps en temps ! 

mercredi 14 novembre 2012

Histoire d'un mot : "la gêne"

C'est un mot on ne peut plus commun : la gêne. Et pourtant, connaissez-vous son origine ? Ce mot est bien plus intéressant qu'on le pense.


***La petite histoire***


Son origine remonte à quelques milliers d'années, lorsque, dans une vallée près de Jérusalem, l'on brûlait des enfants en l'honneur des idoles. Cette vallée nommée la "Géhenne" (gê-hinnom en hébreu) est citée dans le Nouveau Testament comme synonyme de lieu de malédiction, et plus largement, de l'enfer. En effet, au temps de Jésus cette vallée était devenue une sorte d’incinérateur public en plein air. Les ordures, y compris les cadavres d’animaux et de criminels, étaient jetés dans la vallée et progressivement consumés par un feu couvant en permanence. C’est ainsi que la Géhenne est devenue le symbole de l’état d’éternelle séparation de l’âme avec Dieu, et de la destruction qui l’accompagne. Rien que ça. 

La Géhenne, c'est donc littéralement la torture, le sacrifice, le châtiment. Un sens bien éloigné de la gêne telle qu'on l'entend aujourd'hui. 


***Le petit exemple***

"Oh ! Pousse toi, tu me gènes" --> cette phrase sort rarement de la bouche de quelqu'un qui est en train de subir des actes de barbarie. Il s'agit plus généralement d'une histoire de métro bondé.


Au fil des années, la Géhenne a perdu la moitié de ses lettres et la moitié de son sens. Mais, le plus important est que les enfants ne soient plus sacrifiés dans cette vallée... et que le mot soit resté, pour le plus grand plaisir des amoureux de la langue française !