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dimanche 19 janvier 2014

Citation du jour

"Gilles comprit alors que chaque roman qu'il lirait l'aiderait à comprendre la vie, lui-même, les siens, les autres, le monde, le passé et le présent (...) et chaque évènement de sa vie lui permettrait de la même manière d'éclairer chacune de ses lectures."

En vieillissant les hommes pleurent, de Jean-Luc Seigle.

samedi 11 janvier 2014

Les joies de la lecture

La connaissance des mots, l'expression écrite et orale, l'orthographe... Rien n'est plus indispensable à mes yeux, pour être heureux, que de savoir bien s'exprimer : c'est à dire littéralement faire sortir de soi les émotions qui naissent en nous.
Je pourrais disserter des heures sur ce sujet, mais un simple livre vous en fera la démonstration : La tête en friche de Marie-Sabine Roger.



Depuis que j'ai décidé de n'écrire sur ce blog que pour les livres que j'aime vraiment, je suis entrée dans une phase de désert littéraire. J'ai eu beaucoup de mal à retrouver un coup de cœur, comme j'en avais eus pour Rosa Candida ou Les chaussures italiennes.
Heureusement La tête en friche me redonne de l'élan et l'envie de partager ce petit bijou.

Il s'agit d'un livre très simple, très accessible. Heureusement d'ailleurs, puisque son histoire tourne autour de l'accessibilité de la littérature !
Il s'agit de la rencontre improbable entre une sorte de brute épaisse illettrée, Germain, et une petite vieille puits de savoir. Et comme le hasard fait bien les choses, ces deux-là s'adoptent mutuellement et s'enrichissent de leurs différences (c'est beau !).
C'est beau, mais c'est pas gnangnan non plus. C'est savamment dosé entre la rugosité de l'un et la douceur de l'autre.

Ce qui m'a touchée, en plus, c'est le rôle primordial que joue cette personne âgée, seule au monde et presque aveugle, mais qui est encore pleine de vie et d'envies. Grâce à cela, elle apporte à Germain tout ce dont il a besoin pour être heureux. Ça donne une leçon, je trouve, sur la façon dont on peut contribuer à rendre le monde meilleur, sans avoir forcément à faire beaucoup.

Bref, un livre parfait donc pour un week-end paisible d'hiver !


mardi 4 décembre 2012

Comme un ouragan...

Non ce n'est pas de la chanson de Stéphanie de Monaco dont je vais vous parler aujourd'hui, mais bien d'un livre : Ouragan de Laurent Gaudé.
Bon, autant vous prévenir, il s'agit d'un récit très sombre, apocalyptique même, décrivant l'arrivée d'un ouragan sur la Nouvelle-Orléans (une histoire pas complètement fictive, donc). J'aimerais vous donner envie de le lire, mais je crains de ne pas y arriver. En effet, ce n'est pas du tout un style auquel je suis habituée et j'ai du m'accrocher. Non pas à cause de la plume de l'écrivain, qui elle, est sublime, mais plutôt à cause du réalisme du tableau dépeint.

Il s'agit d'un petit livre (188 pages) constitué de douze chapitres. Ces chapitres retracent douze étapes de l'ouragan (depuis son "odeur lointaine" jusqu'à la description du chaos laissé derrière lui), et nous introduit au cœur de la vie de ceux qui n'ont pas pu fuir : une vieille femme noire au sale caractère, une jeune mère célibataire un peu paumée, son premier amour qui revient, des prisonniers évadés, et un curé "légèrement" schizophrène .. Chacun vit l'arrivée de cet ouragan à sa manière. Que ce soit une occasion d'amour ou de haine, de solidarité ou de crime, l’évènement affecte chacun des survivants jusqu'au plus profond de lui-même. C'est beau, c'est saisissant, c'est troublant de réalisme... Trop pour moi. Mais comme je n'ai trouvé que des critiques élogieuses sur cet ouvrage, il serait certainement mieux de vous laisser juger par vous-mêmes !

*** Extrait de la quatrième de couverture ***

"A La Nouvelle-Orléans, alors qu'une terrible tempête est annoncée, la plupart des habitants fuient la ville. Ceux qui n'ont pu partir devront subir la fureur du ciel. Rendue à sa violence primordiale, la nature se déchaîne et confronte chacun à sa vérité intime : 

que reste-t-il en effet d'un homme au milieu du chaos, quand tout repère social ou moral s'est dissous dans la peur ?" 



Voilà, je vous laisse sur cette question qui peut-être vous intriguera assez pour aller acheter le livre !



mardi 20 novembre 2012

Le best du best

Certains me connaissent sur la toile sous le pseudonyme de "Lamélie". Cela parait anodin comme ça, mais c'est pourtant une référence littéraire. La connaissez-vous ?

Attention, révélation !

Il s'agit d'un personnage de mon livre favori de tous les temps : Les fleurs bleues de Raymond Queneau. Je l'ai lu 5 ou 6 fois et il fut même un temps où je l'emportais partout avec moi, au même titre que mon portefeuille ou mon parapluie.

Lamélie y est un personnage un peu bêbête, ce n'est donc pas par identification à elle que j'ai choisi son prénom comme pseudonyme, mais plus pour la référence au livre dans son ensemble.

Tout le livre tourne autour de personnages loufoques : d'un côté le duc d'Auge, seigneur sanguinaire et très vulgaire, qui traverse les siècles en compagnie d'un cheval qui parle. Et d'un autre coté, Cidrolin, qui vit sur une péniche et passe sa vie à boire du jus de fenouil et à faire des siestes. Dès que l'un dort, c'est de la vie de l'autre dont il rêve. Et le livre passe ainsi de l'un à l'autre, sans forcément de grandes transitions.

Il faut aimer les choses absurdes pour apprécier ce livre. Un ami m'a dit un jour "lorsque j'ai lu Les fleurs bleues, je me suis demandé si Queneau était un imposteur ou un fou. J'ai conclu que c'était un génie."
Il est vrai que son style est déroutant. Fin connaisseur de la langue française, l'auteur prend pourtant beaucoup de libertés et passe d'un langage très désuet à des néologismes sortant tout droit de son imagination. Se souciant peu des conventions, il n'hésite pas à bousculer toutes les règles de l'orthographe et de la grammaire si cela lui chante. (Il nous avait d'ailleurs déjà fait le coup dans Zazie dans le métro et son fameux "doukipudonctan").

Mais tout cela se fait avec tant de dextérité que j'ai du mal à comprendre qu'on ne puisse pas être séduit. J'ai été, personnellement, pliée de rire à de nombreuses reprises, ce qui m'a valu d'ailleurs de nombreux regards obliques dans les transports ! Mais peu importe, ce livre est un bijou.

Petit extrait mettant en scène Lamélie :


A la terrasse du café, des couples pratiquaient le bouche à bouche,
et la salive dégoulinait le long de leurs mentons amoureux ;
parmi les plus acharnés à faire la ventouse se trouvaient Lamélie et un ératépiste,

Lamélie surtout, car l'ératépiste n'oubliait pas de regarder sa montre de temps en temps vu ses occupations professionnelles.

Lamélie fermait les yeux et se consacrait religieusement à la languistique.


(Pour information, un ératépiste n'est autre qu'un agent... de la RATP !!)

Ça donne envie d'en lire plus, non ?