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samedi 11 janvier 2014

Les joies de la lecture

La connaissance des mots, l'expression écrite et orale, l'orthographe... Rien n'est plus indispensable à mes yeux, pour être heureux, que de savoir bien s'exprimer : c'est à dire littéralement faire sortir de soi les émotions qui naissent en nous.
Je pourrais disserter des heures sur ce sujet, mais un simple livre vous en fera la démonstration : La tête en friche de Marie-Sabine Roger.



Depuis que j'ai décidé de n'écrire sur ce blog que pour les livres que j'aime vraiment, je suis entrée dans une phase de désert littéraire. J'ai eu beaucoup de mal à retrouver un coup de cœur, comme j'en avais eus pour Rosa Candida ou Les chaussures italiennes.
Heureusement La tête en friche me redonne de l'élan et l'envie de partager ce petit bijou.

Il s'agit d'un livre très simple, très accessible. Heureusement d'ailleurs, puisque son histoire tourne autour de l'accessibilité de la littérature !
Il s'agit de la rencontre improbable entre une sorte de brute épaisse illettrée, Germain, et une petite vieille puits de savoir. Et comme le hasard fait bien les choses, ces deux-là s'adoptent mutuellement et s'enrichissent de leurs différences (c'est beau !).
C'est beau, mais c'est pas gnangnan non plus. C'est savamment dosé entre la rugosité de l'un et la douceur de l'autre.

Ce qui m'a touchée, en plus, c'est le rôle primordial que joue cette personne âgée, seule au monde et presque aveugle, mais qui est encore pleine de vie et d'envies. Grâce à cela, elle apporte à Germain tout ce dont il a besoin pour être heureux. Ça donne une leçon, je trouve, sur la façon dont on peut contribuer à rendre le monde meilleur, sans avoir forcément à faire beaucoup.

Bref, un livre parfait donc pour un week-end paisible d'hiver !


mardi 26 février 2013

Ces "héros" qui nous dérangent...

Ces derniers temps, j'ai lu deux livres très différents mais qui se rejoignent sur un point : je me suis rarement aussi peu identifiée à leurs personnages principaux. 

De prime abord, rien ne semble rapprocher ces deux ouvrages. L'un, autobiographique, relate la captivité mouvementée d'une bien célèbre femme politique de Colombie. L'autre, un roman suédois, nous raconte une aventure qui se situe davantage dans le coeur des personnages que dans leurs agissements.

*** Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt : la déception ***

Je crois que c'était la première fois que je me laissais tenter par un récit autobiographique... Et ça ne m'a pas plu. Du tout. Je pensais que ma curiosité de connaitre des faits réels prendrait le pas sur la qualité de l'ouvrage en lui-même. Car ce que j'attends d'un livre est de m'évader et, surtout, d'avoir le plaisir de savourer chaque mot, choisi par l'auteur comme un compositeur choisi chaque note.

Mais lorsque l'histoire traite d'un enlèvement pendant 7 ans par les FARC de Colombie, le voyage est d'emblée compromis. Dans ce type d'histoire, il est impossible de se projeter avec l'héroïne dans son aventure. L'imaginaire n'y a pas sa place. Essayer de se figurer soi-même au milieu de la jungle hostile de Colombie, ce serait presque trahir l'auteur et l'horreur qu'il a pu vivre.

Ce livre m'a donc procuré plus de frustration que de plaisir. Frustration accentuée par le fait que l'auteur n'étant pas écrivain, son style n'est pas des plus agréables.


*** Les chaussures italiennes, Henning Mankell : la révélation ***

Après une lecture tumultueuse, rien ne vaut un roman plein de douceur pour retrouver le bonheur de lire. Et pourtant, j'ai également eu au départ des difficultés à me projeter dans l'univers du héros. Comment avoir de l'affection pour un homme qui vit sur une île entourée de glace sur laquelle il s'est reclus pour fuir des responsabilités qu'il ne voulait pas assumer ?

Mais la plume de l'auteur est d'une finesse incroyable. Et j'ai rapidement été comme envoûtée par cette histoire qui ne ressemble à aucune autre... un passé qui nous rattrape, des sentiments enfouis qui resurgissent, des langues qui se délient et des yeux qui s'ouvrent... Les chaussures italiennes fait partie de ces romans qui vous touchent à l'intérieur et vous laissent une trace. Pour reprendre la comparaison avec le compositeur qui choisit chaque note, je dirais qu'Henning Mankell est un virtuose des mots. Comme si chacun d'eux était pesé et placé minutieusement là où il doit être, pour former, à la fin, une harmonie parfaite.

Je recommande donc chaudement Les chaussures italiennes, à tous ceux qui, comme moi, entendent des musiques lorsqu'ils lisent des livres !