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lundi 1 décembre 2014

Voyages intérieurs #2

Le voyage continue et cette fois nous partons loin puisque L'enfant au bout de la plage de Linda Olsson prend place en Nouvelle Zélande.

Comme dans un autre livre que j'avais adoré, Les chaussures italiennes, le personnage principal a quitté l'agitation de la ville au profit d'une vie isolée. Il s'agit ici d'une cinquantenaire divorcée qui n'a jamais vraiment réussi à créer de lien avec le monde extérieur. Fatiguée de son ex-mari et de sa vie de médecin, elle choisit donc de tout quitter pour vivre au bord d'une plage néo-zélandaise.
Malgré sa forte volonté de rester seule et loin de la civilisation, la rencontre inopinée avec un petit garçon battu vient tout bouleverser et remettre en question.

C'est avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité que l'auteur nous décrit le cheminement intellectuel de cette femme qui, peu à peu, se réconcilie avec sa propre histoire pour enfin réussir à s'ouvrir à "l'autre".

On y vit une belle réflexion sur ce qui mène certains à vouloir tout quitter d'un jour à l'autre. L'auteur nous montre bien aussi comment le passé resurgit toujours, et que vouloir le fuir est illusoire. C'est fin, doux, fluide... mais pas léger, au contraire.

Seule ombre au tableau, quelques épisodes sont peu tirés par les cheveux, ce qui m'a empêchée de me projeter tout à fait avec l’héroïne. Mais sinon c'est un livre que je recommande à tous ceux qui souhaiteraient se replonger dans le rythme des vacances et quitter un peu le temps pluvieux de l'hiver français ;)

lundi 18 mars 2013

Un peu de piment !!

Délaissons la douceur et les parterres de fleurs et partons à l'aventure avec Maudit karma de David Safier (écrivain allemand).

Drôle, loufoque, déjanté, inattendu... Maudit karma nous emmène bien loin des lieux communs. C'est l'histoire d'une ex star de talkshow qui meurt au sommet de sa gloire et découvre à ses dépens les dures lois de la réincarnation. Comment retrouver sa place de mère et d'épouse lorsque l'on est une fourmi, un cochon d'inde ou un chat ?
Heureusement, la protagoniste a plus d'un tour dans son sac et on s'amuse, vraiment, à suivre ses incroyables aventures.

Bien sûr, ce n'est pas pour ainsi dire un chef d'oeuvre de la littérature. Cependant, c'est tellement improbable comme histoire, que ça ne peut que plaire. Maudit Karma séduit par un humour piquant et une intrigue bien menée. J'avais tellement envie de connaitre la fin que j'ai littéralement dévoré ce livre. 

En bref, voici un ouvrage à recommander à tous ceux qui souhaitent muscler leurs zygomatiques sans se prendre la tête. 

dimanche 3 mars 2013

La thérapie par les livres

On a tous nos réflexes en cas de coup de mou. Pour moi, rien ne vaut un petit détour dans une librairie.
Il y a une semaine, il m'a suffit de deux minutes pour trouver le meilleur remède : Rosa Candida d'Audur Ava Ólafsdóttir, auteur islandaise.

"J'ai besoin d'un livre distrayant, facile à lire et positif" ai-je dit au libraire. Il n'a pas hésité une seconde avant de me proposer cet ouvrage. Je dois dire qu'il a surpassé, de loin, mes attentes.

Pourtant, difficile de prendre la suite des chaussures italiennes, dont je m'étais franchement enthousiasmée. Mais Rosa Candida charme par sa fraicheur et sa délicatesse. On s'attache avec plaisir au personnage principal, un jeune papa "accidentel" de 22 ans, passionné par le jardinage en général et les roses en particulier. Et ce n'est pas l'existence de cette petite fille, "incarnation de sa négligence en matière de contraception", ni de sa mère qu'il n'a pas connu plus qu'un "quart de nuit", qui le retiennent d'accomplir son rêve : remettre en l'état le jardin d'un monastère isolé, situé à plusieurs jours de voyage.
Mais, s'il quitte le pays, Arnljotur n'oublie cependant pas ses responsabilités. La vie lui apprendra à être père, à devenir adulte et, aussi, à aimer...

Tout en subtilité, l'auteur dépeint la grande confusion que peut ressentir un jeune homme peu ordinaire, dans une situation aussi peu ordinaire. Le titre nous avertit : Rosa Candida est empreint d'une certaine candeur. Donc ne lisez pas ce livre si vous êtes en quête d'action. Mais régalez-vous si, comme moi, vous avez besoin de légèreté, de vous évader et de sourire.

mardi 26 février 2013

Ces "héros" qui nous dérangent...

Ces derniers temps, j'ai lu deux livres très différents mais qui se rejoignent sur un point : je me suis rarement aussi peu identifiée à leurs personnages principaux. 

De prime abord, rien ne semble rapprocher ces deux ouvrages. L'un, autobiographique, relate la captivité mouvementée d'une bien célèbre femme politique de Colombie. L'autre, un roman suédois, nous raconte une aventure qui se situe davantage dans le coeur des personnages que dans leurs agissements.

*** Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt : la déception ***

Je crois que c'était la première fois que je me laissais tenter par un récit autobiographique... Et ça ne m'a pas plu. Du tout. Je pensais que ma curiosité de connaitre des faits réels prendrait le pas sur la qualité de l'ouvrage en lui-même. Car ce que j'attends d'un livre est de m'évader et, surtout, d'avoir le plaisir de savourer chaque mot, choisi par l'auteur comme un compositeur choisi chaque note.

Mais lorsque l'histoire traite d'un enlèvement pendant 7 ans par les FARC de Colombie, le voyage est d'emblée compromis. Dans ce type d'histoire, il est impossible de se projeter avec l'héroïne dans son aventure. L'imaginaire n'y a pas sa place. Essayer de se figurer soi-même au milieu de la jungle hostile de Colombie, ce serait presque trahir l'auteur et l'horreur qu'il a pu vivre.

Ce livre m'a donc procuré plus de frustration que de plaisir. Frustration accentuée par le fait que l'auteur n'étant pas écrivain, son style n'est pas des plus agréables.


*** Les chaussures italiennes, Henning Mankell : la révélation ***

Après une lecture tumultueuse, rien ne vaut un roman plein de douceur pour retrouver le bonheur de lire. Et pourtant, j'ai également eu au départ des difficultés à me projeter dans l'univers du héros. Comment avoir de l'affection pour un homme qui vit sur une île entourée de glace sur laquelle il s'est reclus pour fuir des responsabilités qu'il ne voulait pas assumer ?

Mais la plume de l'auteur est d'une finesse incroyable. Et j'ai rapidement été comme envoûtée par cette histoire qui ne ressemble à aucune autre... un passé qui nous rattrape, des sentiments enfouis qui resurgissent, des langues qui se délient et des yeux qui s'ouvrent... Les chaussures italiennes fait partie de ces romans qui vous touchent à l'intérieur et vous laissent une trace. Pour reprendre la comparaison avec le compositeur qui choisit chaque note, je dirais qu'Henning Mankell est un virtuose des mots. Comme si chacun d'eux était pesé et placé minutieusement là où il doit être, pour former, à la fin, une harmonie parfaite.

Je recommande donc chaudement Les chaussures italiennes, à tous ceux qui, comme moi, entendent des musiques lorsqu'ils lisent des livres !

lundi 10 décembre 2012

Les Derniers Jours de Stefan Zweig !

Cela faisait un moment que les affiches de cette pièce me narguaient dans le métro et j'avais vraiment envie de la voir. Ce que j'ai fait vendredi soir dernier !
Pour information, Les derniers jours de Stefan Zweig est adapté d'un roman de Laurent Seksik et se joue actuellement au Théâtre Antoine avec Patrick Timsit.

Je voulais voir cette pièce parce que je garde un très bon souvenir de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, une nouvelle écrite par Zweig.
J'avais été très étonnée que cette histoire soit racontée par un homme et que celui-ci la retranscrive si fidèlement, avec autant de sensibilité et de délicatesse.
J'avais donc été séduite, intriguée, puis j'avais un peu oublié cet auteur jusqu'à ce que cette pièce de théâtre me le rappelle à ma mémoire.

Le moins que l'on puisse dire est que j'ai été surprise de la vision très sombre de la vie et du pessimisme de Zweig que la pièce nous relate. Dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, l'histoire n'est pas des plus heureuses mais le narrateur garde un style léger et s'attache à nous faire comprendre certains agissements plutôt que de juger. Il s'agit donc pour moi d'un ouvrage plutôt positif, surtout dans le contexte de l'époque (début du XXe siècle) où "l'honneur" de la femme était très important. Mais l'ouvrage a été écrit en 1922 donc bien avant que le nazisme vienne bouleverser la vie de l'écrivain.

Dans Les derniers jours de Stefan Zweig, au contraire, Zweig est un homme à bout de souffle, abattu et désorienté. Traumatisé par l'arrivée d'Hitler au pouvoir, étant lui-même juif autrichien, il s'exile dès 1934 en Grande-Bretagne puis part aux Etats-Unis et finalement s'installe au Brésil 1941. C'est donc d'une personne en fuite et ayant perdu toute foi en l'espèce humaine dont la pièce nous parle.
Une pièce très belle et intéressante donc, qui nous permet à la fois de mieux connaitre Zweig et de nous introduire dans le quotidien des exilés de la Seconde Guerre mondiale. Patrick Timsit est très convaincant. J'ai moins aimé Elsa Zylbestein, qui joue sa femme, mais c'est un point de vue personnel.
A voir, sauf si vous avez des tendances suicidaires.

Petit bonus du jour si vous vous ennuyez au bureau ou chez vous : vous pouvez lire l'e-book de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.


samedi 10 novembre 2012

Du plaisir de lire en "version originale"

Depuis mon retour d'Argentine, je travaille mon espagnol afin de préserver les quelques notions acquises là-bas. J'aime donc lire des romans que j'ai rapportés dans mes bagages ou achetés sur internet. Parmi eux : Del amor y otros demonios et Cien años de soledad (je n'en suis encore qu'au début) de l'illustre Gabriel Garcia Marquez.

(Edition de poche, 2003, 496 pages)
Choisir de lire en VO, c'est la même chose que pour un film. Au cinéma, il y a toujours ceux qui sont pour et ceux qui sont contre, et en général, les avis sont bien tranchés sur la question.
Personnellement, je milite toujours en faveur de la version originale. En entendant l'acteur, sa véritable voix, son souffle, son accent, c'est tout le personnage qui prend une nouvelle dimension. Le film ne peut être que meilleur, même si la compréhension est partielle.

Pour les livres, je ressens exactement la même chose, notamment pour ces deux ouvrages que je vous présente dans ce billet.

Dans Del amor y otros demonios et Cien años de soledad, Gabriel Garcia Marquez nous introduit dans un univers particulier, où l'on ressent la chaleur moite caractéristique de son pays natal, la Colombie. Les personnages sont sensibles, tortueux, souvent un peu fous.
(Edition de poche, 2007, 236 pages)
Dans le premier, une jeune fille se fait mordre par un chien enragé. Son père décide alors de tout faire pour la rendre la plus heureuse possible durant les jours qu'il lui restent à vivre.
Dans le second, c'est l'histoire d'un village et de la famille qui l'a fondé. Un village si isolé que même la mort ne l'a pas trouvé.

Quelle langue, autre que l'espagnol, pourrait mieux nous décrire ces espaces, vastes et arides caractéristiques de l'Amérique Latine ? Comment pourrait-on plus pleinement se plonger au coeur de la vie quotidienne de ces personnages autrement qu'en utilisant leur langage ? Et surtout, comment apprécier le talent de l'auteur autrement qu'en lisant ses propres mots ?

J'avais déjà lu des livres en "VO" en anglais, mais je n'avais pas été aussi séduite et transportée par la langue. L'espagnol a ceci de particulier qu'il est essentiellement parlé dans des pays chauds, ce qui nous fait voyager, dès les premières lignes, dans un univers fait de grands espaces et d'un soleil de plomb.

Bien sûr, lire dans une langue étrangère demande un peu plus d'efforts que pour lire dans sa langue maternelle et il faut avoir déjà un bon niveau en espagnol. Il me semble que Cien años de soledad est plus accessible. J'ai trouvé Del amor y otros demonios assez complexe (en même temps c'était le premier, donc forcément c'est plus difficile). En tout cas, pour ceux qui aiment l'espagnol : si l'aventure vous tente, foncez !