Pour information, Les derniers jours de Stefan Zweig est adapté d'un roman de Laurent Seksik et se joue actuellement au Théâtre Antoine avec Patrick Timsit.

Je voulais voir cette pièce parce que je garde un très bon souvenir de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, une nouvelle écrite par Zweig.
J'avais été très étonnée que cette histoire soit racontée par un homme et que celui-ci la retranscrive si fidèlement, avec autant de sensibilité et de délicatesse.
J'avais donc été séduite, intriguée, puis j'avais un peu oublié cet auteur jusqu'à ce que cette pièce de théâtre me le rappelle à ma mémoire.
Le moins que l'on puisse dire est que j'ai été surprise de la vision très sombre de la vie et du pessimisme de Zweig que la pièce nous relate. Dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, l'histoire n'est pas des plus heureuses mais le narrateur garde un style léger et s'attache à nous faire comprendre certains agissements plutôt que de juger. Il s'agit donc pour moi d'un ouvrage plutôt positif, surtout dans le contexte de l'époque (début du XXe siècle) où "l'honneur" de la femme était très important. Mais l'ouvrage a été écrit en 1922 donc bien avant que le nazisme vienne bouleverser la vie de l'écrivain.
Dans Les derniers jours de Stefan Zweig, au contraire, Zweig est un homme à bout de souffle, abattu et désorienté. Traumatisé par l'arrivée d'Hitler au pouvoir, étant lui-même juif autrichien, il s'exile dès 1934 en Grande-Bretagne puis part aux Etats-Unis et finalement s'installe au Brésil 1941. C'est donc d'une personne en fuite et ayant perdu toute foi en l'espèce humaine dont la pièce nous parle.
Une pièce très belle et intéressante donc, qui nous permet à la fois de mieux connaitre Zweig et de nous introduire dans le quotidien des exilés de la Seconde Guerre mondiale. Patrick Timsit est très convaincant. J'ai moins aimé Elsa Zylbestein, qui joue sa femme, mais c'est un point de vue personnel.
A voir, sauf si vous avez des tendances suicidaires.
Petit bonus du jour si vous vous ennuyez au bureau ou chez vous : vous pouvez lire l'e-book de Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.

Bonjour,
RépondreSupprimerJe découvre ton blog via celui de Karine ("Mon coin lecture"). Je n'ai pas vu cette pièce ( je ne vis pas à Paris) mais j'ai lu l'adaptation BD du roman de Seksik. L'histoire reflète bien l'état d'esprit de Zweig que l'on retrouve à la fin de son autobiographie, "Le monde d'hier" (que j'avais d'ailleurs lue en commun avec Karine il y a quelques années), un livre vraiment très intéressant sur toute une époque et qui met en exergue l'humanisme de Zweig.
Par contre, j'ai du mal à imaginer Timsit interprétant Zweig, pas en termes de qualité mais simplement pour des raisons de physiques, Timsit n'étant pas "taillé" comme Zweig. Il doit être sacrément bon en tant qu'acteur pour se fondre dans le personnage au point de faire oublier cet aspect. J'aimerais beaucoup que cette pièce se joue ailleurs en France (par exemple, pas trop loin de chez moi ;).
Merci Flo de ton commentaire !! C'est amusant, je ne savais pas qu'il y avait une adaptation du roman de Seksik en BD. Merci pour l'info.
SupprimerConnaissant peu le personnage de Zweig avant d'aller à la pièce, je n'avais aucune idée de son physique donc c'est vrai que cet élément n'est pas entré en ligne de compte pour moi.
En tout cas, si tu as un jour l'occasion de voir la pièce, je serais intéressée de savoir ce que tu en as pensé !